Très loin, là-haut, dans les hautes sphères…

Publié le par Eric George


 

L’Eglise Réformée de France a depuis longtemps choisi la date du weekend end de l’Ascension pour tenir son synode national. C’est sans doute pour un côté pratique : une fête un peu délaissée par nos paroisses qui permet aux délégués synodaux de prendre un weekend de trois jours. On pourrait également y voir une certaine symbolique, nos instances nationales (et même régionales nous paraissent aussi éloignées de nos préoccupations locales que le Ciel de la terre. Normal donc, que les délégués disparaissent de leurs paroisses durant ce temps d’Ascension… Mais qu’est ce qui se passe dans un synode national ????

Des heures de réunion dans un amphithéâtre, privé de la lumière du jour, des dossiers financiers incompréhensibles et soporifiques en dépits des efforts de pédagogie (il faut dire que les exposer à l’heure de la sieste est une erreur stratégique grave), des règlements dont on ne saisit pas toujours l’intérêt (et qui ont souvent fait bailler d’ennui les conseillers presbytéraux les plus assidus, voilà la réalité de ce synode de Belfort que toute la presse protestante et catholique qualifiera , à juste titre, d’historique. Le vendredi 18 mai, à Belfort, la Constitution de l’Eglise Protestante Unie de France qui rassemblera les Eglises Réformée et Luthériennes en une seule Eglise a été adoptée par l’Eglise Evangélique Luthérienne de France et par l’Eglise Réformée de France.

Bien sûr, l’acte de naissance sera signé à Lyon en 2013 et cette année sera celle de l’effervescence…

Mais le parfum un peu frustrant de fatigue, de transition qui a flotté sur ce synode de Belfort montre un enjeu réel : comment vivre un synode en paroisse ? Comment vivre l’institution non pas comme un administratif lointain, pénible et incompréhensible ? Que signifie l’Eglise Protestante Unie dans nos contrées où les luthériens sont inconnus ?

Ma vie de chrétien commence dans ma famille, au milieu de mes amis, de mon travail. C’est là que la Bonne Nouvelle me rencontre et m’éclaire. Mais vivre en Eglise, participer au culte, à la vie de l’Eglise me permet d’élargir mes frontières, de rencontrer des gens nouveaux qui se révèlent être des frères et des sœurs qui vont nourrir ma foi…

De la même manière, si notre vie d’Eglise commence et s’enracine dans l’Eglise locale, dans la paroisse, la dimension régionale et nationale vient nous dire que l’Eglise est plus vaste et que c’est une joie : joie de la rencontre et de l’ouverture, joie de la solidarité et des talents partagés, là où nous sommes faibles, d’autres sont forts pour nous, là où nous sommes forts, notre force est un encouragement pour d’autres…

 

Les textes de règlements et de constitutions sont pénibles, c’est vrai. Mais ils disent notre volonté de vivre ensemble en respectant les spécificités de chacun, ils disent notre unité qui s’oppose tant à l’individualisme qu’à l’uniformité…

 

Les dossiers financiers sont assommants, sans doute. Mais si les questions sont impitoyablement pratiques, elles n’ont rien de bassement matériel :

 

Comment tenir ensemble notre volonté de participer à la mission, de lutter contre les fléaux sociaux et d’envoyer des ministres dans toutes nos paroisses ? Nos finances nous obligent à faire les même choix que ceux que font tous les foyers… Ainsi, les chiffres et tableaux, nous disent la présence de notre Eglise au cœur de ce monde, ils nous obligent à une espérance réaliste, ils nous placent devant le coût d’une solidarité qui ne se paie pas de mots.

 

A ce retour de synode, à cette veille de Pentecôte, je fais le vœu que chacun entende mon jargon sans doute très institutionnel dans sa langue natale, une langue qui lui dira que la réalité de l’Eglise Protestante Unie est bien celle de son Eglise locale, de sa paroisse, celle de sa propre vie chrétienne

Eric GEORGE

Publié dans Editoriaux

Commenter cet article