Témoins de quoi ?

Publié le par Eric George

entonnoir.jpgPrédication de la semaine de l’unité 2010

Luc XXIV, 44 à 53

 

« C’est vous qui en êtes les témoins » Témoins de quoi ? De la bonne manière de célébrer ? De la bonne manière dont doivent se vivre nos institutions ? Ce n’est pas ce dont parle Jésus. Le texte est sans ambiguïté : « C’est comme il a été écrit : le Christ souffrira et ressuscitera des morts le troisième jour ». Nous sommes appelés à être témoins d’un renversement et d’une folie. Et notre témoignage repose sur une base

 

Cette base, ce sont les écritures, dont Jésus précise à quel point elle sont unes et multiples puisqu’il s’agit bien de la Loi de Moïse, des psaumes et des prophètes, c'est-à-dire cet ancien testament que les juifs appellent le Tanakh : la Torah (la loi de moïse, les Neviim (les prophètes) et les Ketouvim (les autres écrits dont les psaumes). A ces écritures, bien sûr, en tant que chrétiens, nous ajouterons le Nouveau Testament.

 

Pour nous chrétiens, ces Ecritures témoignent d’un renversement, la passion et la croix de Notre Seigneur Jésus Christ, le Fils de Dieu. Oui c’est un renversement puisque le Très haut se fait Très bas, puisque le très juste se met au rang du criminel, notre Dieu prend sur lui la malédiction.

C’est un renversement qui nous permet de dire à nos sœurs et nos frères haïtiens, à tous les suppliciés, à tous les souffrants que Dieu ne s’est pas détourné d’eux. Que leur malheur ne signifie pas qu’ils sont punis ou abandonnés.

C’est un renversement qui nous permet de nous convertir, d’abandonner cet orgueil insensé de toujours vouloir être les plus forts, les meilleurs, de toujours essayer de nous convaincre que nous valons mieux que les autres. Oui, ce renversement nous libère de cet orgueil qui nous tue.

 

Mais ce renversement resterait stérile sans la folie qui suit, cette folie tellement démente que les apôtres n’ont pu y croire, alors même que Jésus ressuscité était parmi eux. Cette folie tient en deux affirmations : il était mort, il est vivant.

Et cette folie nous dit que c’est pour nous relever que Dieu nous rejoint lorsque nous sommes à terre. Que toutes nos faiblesses, nos fragilités, nos blessures peuvent être guéries. Que nos péchés peuvent être pardonnés.

Et cette folie nous dit aussi notre unité, justement parce que c’est une folie. En effet, si vous entrez dans un asile de fous et que vous interrogez les pensionnaires, quelles sont les chances pour qu’ils vous disent la même chose ? Il n’y en a aucune. Et pourtant, avec toutes nos différences, avec tous nos contentieux, nous affirmons la même folie : il était mort, il est vivant. Et c’est cette affirmation qui est au cœur de notre foi, de notre vie de catholiques romains ou de protestants.

 

« Il était mort, il est vivant » Voici frères et sœurs, ce qui nous rassemble. C’est en affirmant, ensembles ou séparément, le Christ ressuscité que nous vivrons et affirmerons notre unité.

 

Amen

Publié dans Prédications

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