Questions à….un catholique traditionaliste

Publié le par André Pelcé

Quels sont pour toi, Patrick, catholique fervent,

                                                      les fondements de la  foi ?

 

J’en vois trois, dans l’ordre :

-           la croyance absolue dans les affirmations théologiques de l’Eglise  (sacrements, mystères, dogmes)

-           l’obéissance aux autorités de l’Eglise

-           une pratique religieuse régulière (prière, confession et pénitence, offices)

Je dois préciser que j’ai trouvé, à ma naissance, un crucifix, un chapelet et un missel dans mon berceau. Après mon baptême, première communion, confirmation, communion solennelle m’ont progressivement ouvert à la croyance et à la foi.

Plus important pour moi, peut-être, ont été mes dix ans de scolarité (jusqu’en 3ème) chez les Jésuites. J’y ai appris et apprécié la valeur de la discipline personnelle, la nécessité de l’effort et le goût de l’ordre, dans ma vie comme dans la société. J’en ai été imprégné définitivement.

J’ajouterai qu’à mes yeux la foi chrétienne doit nécessairement avoir une dimension sociale. J’ai pour ma part été longtemps visiteur de prison et président d’une association caritative que tu connais bien.

 

Le doute ne t’a jamais effleuré ?

 

Peut-être. Mais je comprends mal ces croyants qui se complaisent dans le doute et sont perpétuellement en recherche. Ils perdent inévitablement leurs repères. Pour moi, la stricte observance des règles de vie conseillées par l’Eglise et librement consenties garantit mon salut dans l’au-delà. La remise en cause, même partielle, d’une seule vérité proclamée par l’Eglise entraînerait la remise en cause de tout l’édifice. Je m’y sens bien, en parfaite adéquation avec moi-même ; pourquoi tout ébranler ?

Cela dit, je reconnais que la sévérité de certaines doctrines est source de souffrances d’incompréhensions et de révoltes. Je pense en particulier à l’excommunication des divorcés. Mais peut-on ignorer des commandements divins ?

 

Tu viens de partager pendant plus d’un an la vie des moines bénédictins de Saint Wandrille. Peux-tu nous en parler ?

 

 

« Familier bénévole », je n’ai pu que côtoyer leur existence, en respectant leur mode de vie, leurs méditations et leur silence. J’ai suivi chaque jour trois offices (lectures ou chants de psaumes, méditations silencieuses) sur les sept qu’ils s’imposent.

J’admire ces hommes qui, avec leurs qualités et leurs défauts comme chacun de nous, mènent une vie exemplaire. Pour répondre à l’appel de Dieu, le moine se met l’écart des hommes afin de mieux les servir. Il choisit de vivre autrement : se défaire d’une insatiable envie de consommer et goûter le silence plutôt que l’écho des petites phrases ou des effets d’annonce.

J’ai quitté Saint Wandrille conforté, moins dans la certitude de mes convictions que dans la nécessité de bien cadrer ma vie quotidienne.

 

Comment situes-tu le protestantisme par rapport au catholicisme ?

 

Le protestantisme est un christianisme qui place son cœur non dans une institution, mais dans un texte, la bible. Un catholique peut ne pas partager toutes les idées du pape ou des évêques, être en désaccord avec telle ou telle position de l’Eglise, mais il restera catholique car viscéralement attaché à l’institution qu’est la Sainte Eglise Catholique. Paradoxalement, je suis à la fois très ignorant quant au contenu des autres religions ou confessions, et très ouvert à des rencontres et des échanges. L’important selon moi n’est pas d’être catholique ou ceci ou cela, mais de se sentir bien, spirituellement et culturellement dans sa religion, choisie ou héritée de ses parents. La liberté de l’homme n’a-t-elle pas été voulue par le Créateur ? J’ai d’ailleurs des amis de toutes confessions, protestants, juifs, musulmans.

                                                                         Entretien avec André Pelcé.

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