Questions à... Notre organiste

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 André, l’orgue semble pour toi une passion dévorante. Comment est-elle venue ?

 

Tout naturellement ; toute mon enfance et toute ma jeunesse ont baigné dans cette musique sacrée. La paroisse de mes parents au Raincy (93) était assez riche pour rémunérer un organiste professionnel, Christian Desbat. Il est très vite devenu mon mentor, puis plus tard mon ami, tant j’étais fasciné par ce qu’il jouait et par l’instrument lui-même. J’ai alors passé le plus clair de mon temps libre sur l’orgue, où j’ai appris tout seul. Mon père, musicien amateur autodidacte, estimant qu’il faut apprendre seul, je n’ai suivi aucune formation, hormis quelques cours de Christian, organiste suppléant de l’Etoile et petit-fils d’Alexandre Cellier. Vers ma dix-septième année, j’ai pu remplacer occasionnellement Christian aux cultes du Raincy, ce qui a sans doute conforté ma « vocation » d’organiste.

Parallèlement à cette passion, je dirais même complémentairement, j’ai toujours été choriste, et même un peu plus puisque j’ai suivi une formation de chef de chœur. Je te rappelle que dans les années 80, notre paroisse avait une chorale d’une vingtaine de choristes (pas tous protestants il est vrai), sans oublier un peu plus tard notre quatuor avec Gilbert Carayon, Marielle Debouverie et Geneviève Verchere…

 

Comment analyses-tu le rôle de la musique dans la pratique religieuse, en particulier au cours des cultes ?

 

Peut-être parce que particulièrement sensible à la musique, je suis convaincu qu’elle est un complément absolument indispensable à la parole. Celle-ci, que ce soit la liturgie ou la prédication, fait appel essentiellement à l’intelligence – du moins chez les réformés.

Seule la musique peut lui associer des sentiments, sans doute divers. Ceux-ci, harmonie, sérénité, plénitude, etc…  trouvent leur place aux différents moments du culte, la louange tout particulièrement.

 En théorie, cantiques et jeux d’orgue devraient être parfaitement adaptés aux textes mais l’expérience montre que c’est rarement possible.

Par ailleurs, il faut bien voir que le petit nombre de paroissiens est un handicap, tout comme la méconnaissance de certains cantiques ; comment trouver le temps de les apprendre ?

J’espère que le chant des chorals et des psaumes suscités par Luther et Calvin  sera encore longtemps pratiqué dans nos assemblées car ils sont depuis la Réforme une source inépuisable d’inspiration pour les plus grands musiciens, à commencer par J.S.Bach bien sûr, même si les conceptions musicales de nos deux réformateurs sont très différentes : pour Luther, la musique fait partie des choses célestes, elle est un don de Dieu dont on peut user sans modération, alors que pour Calvin, elle appartient au domaine des choses terrestres et il faut donc être vigilant pour qu’elle serve utilement le culte.

 

Organiste confirmé, comment vis-tu la présence au temple d’un véritable orgue ?

 

Organiste confirmé ? Non hélas ! Sans cours, la progression est très lente. J’ai certes suivi de 1992 à 1995 la classe d’orgue de Jean Regnery, mais je reste à ce jour un amateur trop souvent approximatif et peu satisfait de son jeu. J’ai très envie de progresser, et mon ambition actuelle est de devenir un organiste honnête.

En réalité, l’organiste doit être suffisamment à l’aise dans son jeu pour être transparent, c'est-à-dire susciter ces sentiments de paix et d’harmonie si naturellement que l’auditoire oublie qu’il y a un organiste – c’est trop rarement le cas à mon avis !

Pour revenir à ta question et à « notre » orgue, c’est vraiment un grand plaisir que de jouer sur un pareil petit bijou. D’une part c’est un orgue dit « de détail », avec peu de jeux mais chacun avec une personnalité particulière ; d’autre part ses tuyaux sont en bois, ce qui est rare et donne une sonorité très douce ; pour l’organiste, la transmission est si directe que ses doigts peuvent se contenter d’effleurer les touches.

Remy Mahler, son facteur d’orgue, a construit plus de 30 orgues, dont certains sont considérés comme d’authentiques chefs-d’œuvre, en Allemagne en particulier. Tous les organistes professionnels venus lors de nos concerts ont reconnu sa qualité.

(Entretien avec André Pelcé)

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Orane 05/05/2010 16:16



Bonjour, je suis au hazard d'une recherche d'informations concernant Mrs Desbats et Alexandre Cellier, tombée sur ce Poste de Mr Pelcé, je suis en possession d'un orgue ayant appartenu à Mr
Desbats, et de quelques documents qui pourraient me semble t-il eveiller son interret. Aussi je souhaiterai pouvoir être mise en relation avec lui.Cordialement


 



André Argaud 05/05/2010 17:16



Bonjour, je suis l'organiste (amateur) dont il est question sur le blog. C'est Christian Desbats qui m'a donné mes premières leçons d'orgue. Mes coordonnées: andre.argaud@wanadoo.fr