Eglise Protestante Unie

Publié le par Eric George

Cette fois, ça y est, l’Eglise protestante unie voit le jour, au Synode national de Lyon les 10 et 11 mai, mais aussi plus près de nous. Nous avons suffisamment porté les débats qui l’ont vue naître pour ne pas nous aussi faire la fête. Le 2 juin au Havre avec d’autres Eglises du consistoire sur le thème «Vous êtes lumière du monde» puis le 16 juin à Evreux, en invitant d’autres représentants d’Eglise et des élus locaux. Bien sûr nous espérons vous voir nombreux en ces deux occasions.

 

Mais l’Eglise protestante unie est bien plus qu’une occasion de faire la fête, bien plus qu’une occasion de faire parler de nous, elle est pour chacun de nous, de culture réformée ou luthérienne, un aboutissement et un engagement.

 

Un aboutissement d’abord, parce qu’il est impossible de parler de cette union en oubliant les deux Eglises qui s’unissent et le long processus d’échange, de dialogue, d’action commune qu’elles ont vécu. Il y a une vingtaine d’années, lorsque dans les salons du Foyer de l’Institut Protestant de Théologie, je découvrais le protestantisme, les chamailleries amicales entre luthériens et réformés étaient monnaie courante, mais à part le classique «luthériens sont un peu plus attachés aux rites», j’aurais été bien en peine d’établir une claire différence entre les deux. Et à dire vrai, aujourd’hui encore, je préfère éviter la question. Mais il y a une vingtaine d’années, déjà et plus encore, en fait, les étudiants en théologie suivaient les même cours donnés par les mêmes professeurs, se lançaient dans les même débats (et les clivages étaient rarement entre luthériens et réformés). Même dans la diversité de l’offre ecclésiale parisienne, ils allaient souvent aux même cultes. Bref, l’unité dans la diversité se vivait déjà pour beaucoup de futurs pasteurs comme, je l’imagine, pour beaucoup de paroissiens… Bien sûr, il y a eu des rapprochements bien plus significatifs entre luthériens et réformés, des dates autrement plus marquantes, et il serait certainement plus approprié de vous parler de la Concorde de Leuenberg en 1973, des unions entre luthériens et réformés qui nous ont précédés ailleurs dans le monde ainsi qu’en France (avec l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace Lorraine), que des canapés du foyer Boulevard Arago, mais, personnellement, c’est dans ces canapés, dans les années 90 que je l’ai découverte cette unité. Et pour que cette joie de l’union soit la nôtre, j’invite chacun à se replonger dans ses souvenirs, dans son vécu, dans ses propres relations avec des membres de l’Eglise qui rejoint la sienne.

 

Mais l’union est surtout un engagement. En effet, nous nous souvenons que l’Eglise de Jésus Christ est appelée à l’unité et au témoignage. Cette union ne doit donc pas nous enfermer sur nos souvenirs et nous permettre d’élargir un peu le cercle de «’entre nous», mais bien au contraire, elle doit nous pousser à nous décentrer, elle doit nous envoyer vers d’autres. L’Eglise protestante unie n’est pas un moyen de nous faire un nom en parlant tous la même langue comme les hommes de Babel, elle est un envoi pour annoncer aux hommes et aux femmes une Bonne Nouvelle qu’ils pourront recevoir chacun dans leur langue natale.

C’est en vivant la naissance de l’Eglise Protestante Unie dans un esprit de Pentecôte que nous donnerons tout son sens à cette union d’Eglise. 

Publié dans Editoriaux

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