Histoire d'eaux

Publié le par Éric George

C'est un geste tout simple. Je tourne le robinet et l'eau coule. Pour remplir un verre, prendre une douche, faire une lessive ou une vaisselle.

C'est un geste machinal et pourtant, lorsque je tourne ce robinet, je suis Moïse frappant le rocher à Mériba. Parce que cette eau qui me désaltère, me lave ou simplement me rafraîchit, cette eau qui est ma vie est un don de Dieu.

 

Un cadeau ne se traite pas à la légère. On garde précieusement ce qui nous est offert, signe tangible de l'amour de celui qui nous l'a donné. Pourquoi en irait-il autrement de l'eau, cadeau précieux entre tous, aussi vitale que l'air que nous respirons et tellement plus rare ?

Lorsque je tourne un robinet, je suis comme Moïse frappant le rocher de Mériba. Or, le livre des Nombres nous dit que Moïse se vit refuser l'entrée en terre promise parce qu'il avait frappé deux fois le rocher.(Nb 20,1-13)

On voit souvent dans cette répétition, le signe d'un manque de confiance. J'y vois également une attitude très humaine : l'attitude qui consiste à vouloir plus que ce que Dieu nous donne. A Mériba, pour un coup, Dieu donnait de quoi désaltérer hommes et bétail. Mais Moïse frappe deux fois...

 

L'eau de notre terre devrait suffire pour abreuver bêtes, plantes et hommes, mais nous la gaspillons. Lorsque je tourne un robinet, je suis Moïse frappant le rocher de Mériba. Et si, je me contentais de prendre avec reconnaissance ce dont j'ai besoin, et si un coup suffisait ?                   

 (Voir http://www.ete-autrement.org/)              Éric George

Publié dans Editoriaux

Commenter cet article