Questions de calendrier

Publié le par Eric George

 

« Dieu dit: Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour d'avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années. »

A l'heure où j'écris ces lignes, les cœurs de la saint Valentin inondent encore les vitrines, à l'heure où vous les lirez, peut-être les premiers oeufs et poissons de Pâques auront-ils fait leur apparition (il semble bien que fêtes chrétiennes et païennes se réconcilient chez les chocolatiers.) En fait, sans aucun cynisme, sans aucune amertume, je crois qu'il est normal que le temps qui s'écoule soit aujourd'hui marqué dans les magasins plutôt que par le carillon des clochers et les couleurs liturgiques. L'homme a toujours éprouvé le besoin de compter le temps et cette tâche est toujours dévolue à la religion dominante. Et qui nierait que c'est aujourd'hui le grand culte de la consommation.
Autre agacement face à ces fêtes païennes : le carcan dans lequel elles nous enferment, le temps de la saint Valentin peut être rude pour les célibataires, comme celui de la fête des mères pour les orphelins ou celles qui n’ont pas d’enfant. Mais nos fêtes chrétiennes faisaient-elle beaucoup mieux ? Avait-on le droit d’être joyeux en Carême ou triste à Noël ?
Face à cette inscription de l'humain dans le temps, la Bible adopte une double attitude : elle la souligne et elle nous en libère. Dès la création, Dieu répond à notre besoin de marquer le temps, de le mesurer. La loi de Moïse, l'incarnation de Jésus nous rejoignent bien dans notre temporalité.
Mais tout, en nous rejoignant dans ce temps, Dieu nous en libère : le Sabbat vient ouvrir une brèche dans le temps de la société hébraïque rurale et donc rythmée par le temps de la terre. Et quand le sabbat lui-même devient contrainte, Jésus le brise en rappelant que le Sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le Sabbat. Le récit de création des astres affirme d'ailleurs la même chose : les astres que les autres peuples voyaient comme des divinités régissant la vie des hommes deviennent, en un verset, un simple outil répondant à un besoin de l'homme.
Et l’annonce de la résurrection, la promesse d’un temps nouveau ne sont-elles pas l’affirmation que le temps n’est pas l’éternelle prison de l’homme ?
Dès aujourd’hui,  c’est donc, dans cette liberté, que nous pouvons vivre les temps que nous proposent notre société ou notre Église. Libre à moi de choisir quels sont les temps que je veux vivre et comment je veux les vivre. Libre à moi d’accepter ou de refuser les fêtes de notre calendrier. Libre à moi de vivre dans le rythme ou dans le contre courant. Le calendrier est fait pour l’homme et non l’homme pour le calendrier.    

Publié dans erfevreux

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