5 rue du chantier 27000 Evreux

"Voici, toutes choses sont devenues nouvelles..."  (II Cor.5,17)

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nouveau site paroissial

à l'adresse suivante:

http://egliseprotestanteunie-evreux.org

Vendredi 3 mai 5 03 /05 /Mai 10:47

Cette fois, ça y est, l’Eglise protestante unie voit le jour, au Synode national de Lyon les 10 et 11 mai, mais aussi plus près de nous. Nous avons suffisamment porté les débats qui l’ont vue naître pour ne pas nous aussi faire la fête. Le 2 juin au Havre avec d’autres Eglises du consistoire sur le thème «Vous êtes lumière du monde» puis le 16 juin à Evreux, en invitant d’autres représentants d’Eglise et des élus locaux. Bien sûr nous espérons vous voir nombreux en ces deux occasions.

 

Mais l’Eglise protestante unie est bien plus qu’une occasion de faire la fête, bien plus qu’une occasion de faire parler de nous, elle est pour chacun de nous, de culture réformée ou luthérienne, un aboutissement et un engagement.

 

Un aboutissement d’abord, parce qu’il est impossible de parler de cette union en oubliant les deux Eglises qui s’unissent et le long processus d’échange, de dialogue, d’action commune qu’elles ont vécu. Il y a une vingtaine d’années, lorsque dans les salons du Foyer de l’Institut Protestant de Théologie, je découvrais le protestantisme, les chamailleries amicales entre luthériens et réformés étaient monnaie courante, mais à part le classique «luthériens sont un peu plus attachés aux rites», j’aurais été bien en peine d’établir une claire différence entre les deux. Et à dire vrai, aujourd’hui encore, je préfère éviter la question. Mais il y a une vingtaine d’années, déjà et plus encore, en fait, les étudiants en théologie suivaient les même cours donnés par les mêmes professeurs, se lançaient dans les même débats (et les clivages étaient rarement entre luthériens et réformés). Même dans la diversité de l’offre ecclésiale parisienne, ils allaient souvent aux même cultes. Bref, l’unité dans la diversité se vivait déjà pour beaucoup de futurs pasteurs comme, je l’imagine, pour beaucoup de paroissiens… Bien sûr, il y a eu des rapprochements bien plus significatifs entre luthériens et réformés, des dates autrement plus marquantes, et il serait certainement plus approprié de vous parler de la Concorde de Leuenberg en 1973, des unions entre luthériens et réformés qui nous ont précédés ailleurs dans le monde ainsi qu’en France (avec l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace Lorraine), que des canapés du foyer Boulevard Arago, mais, personnellement, c’est dans ces canapés, dans les années 90 que je l’ai découverte cette unité. Et pour que cette joie de l’union soit la nôtre, j’invite chacun à se replonger dans ses souvenirs, dans son vécu, dans ses propres relations avec des membres de l’Eglise qui rejoint la sienne.

 

Mais l’union est surtout un engagement. En effet, nous nous souvenons que l’Eglise de Jésus Christ est appelée à l’unité et au témoignage. Cette union ne doit donc pas nous enfermer sur nos souvenirs et nous permettre d’élargir un peu le cercle de «’entre nous», mais bien au contraire, elle doit nous pousser à nous décentrer, elle doit nous envoyer vers d’autres. L’Eglise protestante unie n’est pas un moyen de nous faire un nom en parlant tous la même langue comme les hommes de Babel, elle est un envoi pour annoncer aux hommes et aux femmes une Bonne Nouvelle qu’ils pourront recevoir chacun dans leur langue natale.

C’est en vivant la naissance de l’Eglise Protestante Unie dans un esprit de Pentecôte que nous donnerons tout son sens à cette union d’Eglise. 

Par Eric George - Publié dans : Editoriaux
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Samedi 2 mars 6 02 /03 /Mars 11:26

Une bible ouverte sur la table de Sainte Cène, entre les mains d'un participant à un partage biblique, sur le bureau encombré du pasteur, quoi de plus normal ? Mais sur une table de salon, troublant un peu l'ordre d'une pièce ? Une bible ouverte trônant là comme une invitation, j'ai presque envie d'écrire comme une provocation.

C’est une jolie idée qu’a eu notre sœur. Déposer chez soi une bible ouverte, c’est refuser que la bible soit un ornement de bibliothèque, c’est laisser quelques versets se frayer un peu de place au milieu de nos temps perdus, c’est surtout se pousser à la lire et relire un peu plus souvent.

Alors si chacun suivait cet exemple, cette idée? Et si chacun déposait, sur une table de salle à manger, sur une table basse, bien en évidence, une Bible ouverte? Invitation à la lecture et pourquoi pas au partage, provocation à la réflexion ou à la méditation.

Mais à quelle page ouvrir cette bible? Pour celles et ceux qui suivent une liste de lecture, la réponse est évidente , mais ce pourrait être le texte qui a été médité le dimanche précédent, ou lors d’un partage biblique. Ce pourrait être un texte revenu à notre mémoire qu’on va lire comme on retrouve un vieil ami, partagé entre le plaisir du terrain connu et celui de la découverte, notre mémoire ayant modifié tel ou tel trait. Ce pourrait être enfin, pourquoi pas ? n'importe quelle page ouverte au hasard...

L’avantage de cette bible de salle à manger, c’est qu’elle peut être feuilletée, survolée, lue et ainsi laisser échapper, telle une pierre roulée, une parole de vie, une parole vivante…

Eric GEORGE

Par Eric George - Publié dans : Editoriaux
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Lundi 21 janvier 1 21 /01 /Jan 09:51

Prédication du 30 décembre 2012

I Jean III, 1-24

I Samuel I, 20-28

Cantique 374

Luc II 40 à 52

 

Je suis un grand amateur de jeunesses de personnages célèbres, qu’ils soient fictifs ou réels. Je ne parle pas de biographie mais bien de jeunesses inventées… Mes premiers souvenirs en la matière remontent à Pauvre petit garçon où Dino Buzzati invente l’enfance d’Adolphe Hitler et à Spielberg, décrivant la jeunesse de Sherlock Holmes dans Le secret de la pyramide, ma dernière acquisition, c’est La jeunesse de Picsou… Vous voyez, je reste très friand de ce genre de littérature, de cinéma ou de bande dessinée : quel plaisir, quel jeu de découvrir la source de tel talent, de telle manie de telle obsession, de relever les clins d’œil au personnage de référence.  Heureusement, dans la littérature, dans la bande dessinée, dans le cinéma, les exemples ne manquent pas. Bien sûr, il y a des règles à suivre pour écrire une telle jeunesse : il faut bien connaître le personnage, il faut que la jeunesse ne soit pas trop connue, et surtout il faut inclure dans cette jeunesse le plus de clins d’œil possible au personnage tel qu’il est connu aujourd’hui, sinon le travail s’avère décevant : que m’importe la jeunesse de Cyrano de Bergerac si celui-ci m’y est décrit comme un véritable Don Juan ?

En fait, ce passage de Jésus au Temple est une bonne « Jeunesse de Jésus ». On y trouve bien le caractère de Jésus tel que les évangiles nous le dépeignent : on y retrouve l’intelligence et la perspicacité ainsi que le côté contestataire, l’opposition au carcan familial et puis bien sûr l’allusion à la résurrection avec cette recherche qui dure trois jours…

Oui, je suis persuadé que ce texte est plus de l’ordre de « la jeunesse de Jésus » que de l’anecdote croustillante sur l’adolescence de Jésus. Tout d’abord, quand on raconte ce genre d’histoire, on ménage le suspens, on laisse le lecteur chercher avec les parents, on ne commence pas par dire « Jésus était retourné à Jérusalem ». Et Luc sait ménager un suspens : quand il raconte le matin de Pâques, il ne nous dit pas « le premier jour de la semaine, alors que Jésus était ressuscité, les femmes vinrent au tombeau ». Ensuite, le lire comme le récit journalistique d’un fait divers de l’enfance de Jésus nous conduirait à nous poser des questions insolubles. La première serait « dans quelle famille d’irresponsables «Dieu a-t-il placé son Fils ? » et la deuxième et non la moindre serait : « Comment Marie pouvait-elle ne pas comprendre ce que Jésus disait ? Avait-elle oublié ce qui s’était passé 12 ans plus tôt ? Elle est blonde ou quoi ?». Enfin, à quoi bon servirait cette histoire ? A montrer Jésus comme un petit prodige ? A rassurer des parents inquiets quand leur progéniture fait les quatre cent coups en leur disant « Oh mais vous savez, Jésus, lui-même, au même âge… » ? Vu ce que Jésus a, par la suite, fait voir à ses parents, je doute que cela soit très rassurant. Non décidément, je crois que le souvenir d’enfance est une mauvaise piste pour lire ce texte.

 

Mais Luc se contente-t-il de nous raconter cette histoire pour nous présenter son personnage ? Certainement pas ! Il nous donne un véritable enseignement ou plutôt deux. Le premier concerne Jésus, le second concerne ses parents et sans doute nous-même.

A propos de Jésus, au-delà de l’intelligence de ses réponses, au-delà de sa réponse à ses parents, j’attire votre attention sur les deux commentaires qui encadrent ce récit : Quant à l’enfant, il grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la faveur de Dieu était sur lui et Jésus progressait en sagesse et en taille, et en faveur auprès de Dieu et auprès des hommes et surtout, sur cette petite remarque : il descendit avec eux pour aller à Nazareth ; il leur était soumis. Jésus vient d’expliquer à Joseph et Marie que sa place est chez son Père ou au domaine de son Père  et voilà pourtant qu’il quitte le Temple et Luc précise bien pour descendre à Nazareth. De la mangeoire de Bethléem à la croix du Golgotha, Jésus est celui qui accepte de ne pas être à sa place, et il l’accepte par soumission aux hommes, par soumissions à ses parents, à César Auguste, pour la naissance (souvenez-vous du recensement) à Caïphe, Anne et Pilate pour la crucifixion...

Et c’est bien sur cette relation de Jésus aux hommes que Luc attire notre attention en précisant bien que Jésus (qui n’est plus l’enfant jésus ni le jeune Jésus mais qui est ici,  nommé simplement Jésus pour la première fois) gagnait en grâce auprès des hommes. Par amour pour les hommes, jésus est celui qui accepte de ne pas prendre la place qui est la sienne.

 

Les hommes, ici, ce sont Joseph et Marie, surtout Marie d’ailleurs, qui est celle qui parle et dont Luc précise bien qu’elle gardait ses choses au fond de son cœur, c’est-à-dire dans son intelligence et sa mémoire. Marie est donc bien ici figure du disciple. Alors que dire de ses hommes, de ses disciples face à ce Jésus qui n’est pas à sa place ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que eux aussi se déplacent beaucoup. De Nazareth au Temple, puis retour, puis retour vers le Temple, puis re-retour à Nazareth… En fait, dans ce récit, il y a trois manière d’aller au Temple et elles correspondent bien aux trois manières, au trois raison d’aller aujourd’hui à l’église, au culte…

Tout d’abord, nous dit Luc, Joseph et Marie vont au Temple, selon la coutume de la fête. On va à l’église par obligation, par habitude. On vient au culte parce qu’il faut, parce qu’on est protestant (remarquez, certains ne viennent pas au culte parce qu’ils sont protestants, c’est la même obligation, la même servitude dans leur esprit)…

Ensuite, Joseph et Marie reviennent au Temple en cherchant Jésus, ils ne savent pas s’ils vont l’y trouver, ils sont pleins d’   anxiété. Et parfois, on vient à l’église en recherche, on ne sait pas si on va y trouver ce qu’on cherche, parfois on ne sait même pas ce qu’on cherche ; on sait juste qu’il nous manque quelque chose, qu’on a mal et qu’on a cherché partout mais pas encore ici…

La troisième manière d’aller au Temple, c’est celle de Jésus, s’il accompagne ses parents dans la tradition, il revient ensuite dans la liberté. Lui, il sait ce qu’il cherche et il sait qu’il va le trouver dans le temple, dans la discussion et l’échange sur l’Ecriture, dans l’enseignement… Oui, on peut venir à l’église, au culte pour recevoir un éclairage sur l’Ecriture, mieux encore, pour recevoir l’éclairage de l’Ecriture, entendre la Parole dont nous avons besoin pour nos vies.

Dans ce texte, il y a trois manière de venir au Temple, et dans le premier jet de ma prédication, j’allais rajouter, il n’y en a qu’une seule qui soit mauvaise… Les pasteurs se sentent toujours obligés de rajouter de la loi, de la morale. En fait, aucune de ces manières n’est dite mauvaise dans le texte…

 

Alors mon frère, ma sœur, quelles que soient les raisons qui t’ont conduit ( e ) ici ce matin, que dans la prière, dans le chant, dans la bible lue et partagée, le Dieu qui se déplace vienne à ta rencontre.

 

Amen

Par Eric George - Publié dans : Prédications
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Lundi 31 décembre 1 31 /12 /Déc 10:16

A l’heure où vous lirez ces lignes, sans doute aurez-vous déjà oublié que la fin du monde avait lieu le 21 décembre dernier. Triste fin, triste oubli pour une fin du monde qui nous a fait tellement trembler ou, plus vraisemblablement, rire ces dernières années…

Mais si on y pense, quand les derniers vœux auront été souhaités, c’est aussi le sort que connaîtra l’année 2013 dès le 2 ou 3 de son mois de février : nous aurons oublié qu’elle a été cette nouvelle année dont nous avons préparé l’avènement avec tant de fébrilité. Et c’est vrai aussi d’un certain nombre de nos cadeaux de Noël qui retomberont dans l’oubli et au fond d’une armoire, peut-être même avant la fin du mois de janvier…

Bien sûr, l’un des principaux attraits de la nouveauté, c’est qu’elle passe vite, il faut donc en profiter sans attendre… Mais au-delà de cette soif de nouveauté, nous devrions nous arrêter un peu sur cette capacité que nous avons à oublier demain dès qu’il est devenu hier.

C’est peut-être le signe alarmant que nous nous blasons si vite, trop vite, que nous sommes d’éternels enfants trop gâtés dont l’enthousiasme d’hier retombe comme un soufflé dès la fin d’aujourd’hui. Pire encore, peut-être, l’avenir s’avère-t-il toujours décevant quand il devient présent… Mais peut-être aussi, est-ce le signe que nous ne nous enthousiasmons pas pour les bonnes choses, que régulièrement, nous nous trompons d’attente…

Mais ce besoin, cette soif d’attendre est d’espérer est aussi une chose merveilleuse, une véritable bénédiction qui fait de nous des êtres toujours en marche, toujours ouverts à ce qui arrive, toujours tendu vers demain. Oui, il est bon notre désir de demain. Et quand Jésus nous enseigne que le Royaume est déjà là, je me demande s’il ne nous signifie pas que l’attente du Royaume, c’est déjà le Royaume, tout comme l’excitation de la fête à venir est déjà la fête…

Alors frères et sœurs, recevez mes meilleurs vœux pour cette année qui commence, que 2013 ne soit pas la crainte d’une fin annoncée mais qu’elle soit l’attente toujours renouvelée et joyeuse d’un avènement promis. Qu’ainsi, chaque jour de 2013 soit vécu dans la reconnaissance d’hier, dans la découverte émerveillée d’aujourd’hui, dans le désir impatient de demain.

 

Eric  George 

Par Eric George - Publié dans : Editoriaux
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Mardi 4 décembre 2 04 /12 /Déc 22:22

 

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La Nativité. Robert Campin
Annonçant le réalisme de la renaissance flamande, le maître de Flémalle situe sa Nativité dans une étable délabrée. Est-ce voulu ou non ? Mais ce délabrement se traduit par des barreaux brisés, barreaux brisés qui s'ouvrent sur un boeuf... Or l'enfant couché à même le sol est bien celui qui vient annoncer aux captifs la libération (Luc IV, 18), celui qui promet à chacun le joug facile, (Matthieu XI, 30). 
Et nous ? Offrirons nous un Noël enfermé dans la richesse de nos traditions et de nos fêtes ? Ou bien, dans la pauvreté de nos Eglises, dans la modestie de notre foi, annoncerons-nous la libération aux captifs de la faim et du froid, aux prisonniers de l'angoisse et du mal-être ? Quelles libérations annoncerons-nous au milieu de cette course à la richesse qu'est le stress des fêtes de fin d'année ?

Publié dans : Abécédaire de Noël
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