5 rue du chantier 27000 Evreux

Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 10:55


 

L’Eglise Réformée de France a depuis longtemps choisi la date du weekend end de l’Ascension pour tenir son synode national. C’est sans doute pour un côté pratique : une fête un peu délaissée par nos paroisses qui permet aux délégués synodaux de prendre un weekend de trois jours. On pourrait également y voir une certaine symbolique, nos instances nationales (et même régionales nous paraissent aussi éloignées de nos préoccupations locales que le Ciel de la terre. Normal donc, que les délégués disparaissent de leurs paroisses durant ce temps d’Ascension… Mais qu’est ce qui se passe dans un synode national ????

Des heures de réunion dans un amphithéâtre, privé de la lumière du jour, des dossiers financiers incompréhensibles et soporifiques en dépits des efforts de pédagogie (il faut dire que les exposer à l’heure de la sieste est une erreur stratégique grave), des règlements dont on ne saisit pas toujours l’intérêt (et qui ont souvent fait bailler d’ennui les conseillers presbytéraux les plus assidus, voilà la réalité de ce synode de Belfort que toute la presse protestante et catholique qualifiera , à juste titre, d’historique. Le vendredi 18 mai, à Belfort, la Constitution de l’Eglise Protestante Unie de France qui rassemblera les Eglises Réformée et Luthériennes en une seule Eglise a été adoptée par l’Eglise Evangélique Luthérienne de France et par l’Eglise Réformée de France.

Bien sûr, l’acte de naissance sera signé à Lyon en 2013 et cette année sera celle de l’effervescence…

Mais le parfum un peu frustrant de fatigue, de transition qui a flotté sur ce synode de Belfort montre un enjeu réel : comment vivre un synode en paroisse ? Comment vivre l’institution non pas comme un administratif lointain, pénible et incompréhensible ? Que signifie l’Eglise Protestante Unie dans nos contrées où les luthériens sont inconnus ?

Ma vie de chrétien commence dans ma famille, au milieu de mes amis, de mon travail. C’est là que la Bonne Nouvelle me rencontre et m’éclaire. Mais vivre en Eglise, participer au culte, à la vie de l’Eglise me permet d’élargir mes frontières, de rencontrer des gens nouveaux qui se révèlent être des frères et des sœurs qui vont nourrir ma foi…

De la même manière, si notre vie d’Eglise commence et s’enracine dans l’Eglise locale, dans la paroisse, la dimension régionale et nationale vient nous dire que l’Eglise est plus vaste et que c’est une joie : joie de la rencontre et de l’ouverture, joie de la solidarité et des talents partagés, là où nous sommes faibles, d’autres sont forts pour nous, là où nous sommes forts, notre force est un encouragement pour d’autres…

 

Les textes de règlements et de constitutions sont pénibles, c’est vrai. Mais ils disent notre volonté de vivre ensemble en respectant les spécificités de chacun, ils disent notre unité qui s’oppose tant à l’individualisme qu’à l’uniformité…

 

Les dossiers financiers sont assommants, sans doute. Mais si les questions sont impitoyablement pratiques, elles n’ont rien de bassement matériel :

 

Comment tenir ensemble notre volonté de participer à la mission, de lutter contre les fléaux sociaux et d’envoyer des ministres dans toutes nos paroisses ? Nos finances nous obligent à faire les même choix que ceux que font tous les foyers… Ainsi, les chiffres et tableaux, nous disent la présence de notre Eglise au cœur de ce monde, ils nous obligent à une espérance réaliste, ils nous placent devant le coût d’une solidarité qui ne se paie pas de mots.

 

A ce retour de synode, à cette veille de Pentecôte, je fais le vœu que chacun entende mon jargon sans doute très institutionnel dans sa langue natale, une langue qui lui dira que la réalité de l’Eglise Protestante Unie est bien celle de son Eglise locale, de sa paroisse, celle de sa propre vie chrétienne

Eric GEORGE

Par Eric George - Publié dans : Editoriaux
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 18:56

Prédication du dimanche 15 avril 2012

Matthieu XXVI, 17 à 35

 

Cela peut paraître étrange de prêcher sur la Cène, le dernier repas de Jésus précisément un jour où nous ne célébrons pas la Cène. Mais justement, la plupart du temps, quand nous parlons du dernier repas de Jésus c’est pour parler de la manière dont nous célébrons aujourd’hui ce dernier repas, de ce que nous faisons, disons et comprenons lorsque nous partageons le pain et la coupe…

Rassurez vous, cet après midi, les catéchumènes parleront de la communion mais ce matin, contentons nous de parler du dernier repas…

 

         Savez vous pourquoi les adultes passent tant de temps à table ? Je parle des repas de famille ou entre amis… Vous savez ?

Eh bien moi, je crois que c’est parce qu’ils ne savent plus jouer… La preuve, c’est qu’alors que les grands s’éternisent à table, les petits demandent s’ils peuvent aller jouer… Les adultes ne savent plus jouer et leur manière de se retrouver, d’être bien ensembles, c’est autour d’un repas.

 

         Et un repas, on le sait bien c’est beaucoup plus que la nourriture, il faut un décors (un restaurant ou chez l’un des convives et là, on a sorti les belles assiettes, le service de mariage ou les porcelaines léguées par la tante Imogène), il faut (souvent) une occasion (on fête l’an nouveau, un anniversaire, on pend une crémaillère, quelque fois, c’est le dîner lui-même qui est l’occasion mais alors on invite longtemps à l’avance…), il faut des invités (c’est assez rare qu’on organise un beau dîner juste dans le cadre du foyer)…

         Eh bien le dernier repas de Jésus est bien un de ces repas, ils sont entre amis, il y a une occasion : la fête de la Pâque, il y a un décors : cette maison préparée pour l’occasion.

         Donc nous sommes bien dans le cadre d’un repas, comme ceux que l’on organise encore. Je le précise parce que souvent quand on parle du dernier repas de Jésus, on ne pense qu’au mot « dernier » et on a toujours l’impression qu’au menu, il n’y avait que du pain sans levain et une coupe de vin… Non, nous sommes bien dans un repas de grande occasion, un dîner…

         Mais si on lit attentivement, le texte, c’est un dîner raté. Ah ça, à « Un dîner presque parfait », la Cène, c’est une défaite assurée. (Un dîner presque parfait, c’est cette émission ou des gens s’invitent mutuellement et se notent). La Cène est un dîner raté. Un dîner raté, ce n’est pas un dîner ou le rôti est trop cuit et la soupe trop salée (ça, ça ne vexe que le cuisinier ou la cuisinière), non un vrai dîner raté, celui qui laissera un mauvais souvenir, c’est un dîner où les gens s’ennuient ou pire, où ils se disputent, et se fâchent. Moi, le seul mauvais souvenir de repas que j’ai c’est celui dont on est parti fâché… Les souvenirs de plat trop salés ou même d’invités pas venu, avec le temps, ça devient plutôt des histoires amusantes. Les dîners où l’on s’est ennuyé, on les oublie…Mais les dîners qui se sont finis sur de la tension ou des mots durs…

         Eh bien clairement, le récit de la Cène, c’est le récit d’un dîner raté. Déjà, le côté « dernier repas », ça aide rarement à une ambiance légère et détendue… Mais là, en entrée, nous avons une trahison annoncée, avec en prime une malédiction. En plat principal, l’annonce de la mort du principal convive. Et en dessert, l’annonce d’un abandon et d’un reniement… Le cauchemar de tout maître ou maîtresse de maison…

 

Et voilà qu’au milieu de ce dîner, Jésus pose une promesse incroyable. « Je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau avec vous dans le Royaume de mon Père. » Jésus vient d’annoncer sa mort, il a annoncé la trahison de Judas, il sait que les autres l’abandonneront et se disperseront, que Pierre le reniera. Et pourtant, il leur fait cette promesse : ce fruit de la vigne, cette coupe d’alliance, je la boirai à nouveau et je la boirai avec vous.

Jusqu’au jour où j’en boirai : Jésus annonce bien que même sa mort, ne sera pas la fin, ne coupera pas tout futur…

Du nouveau dans le Royaume de mon Père : Jésus annonce un renouveau, un monde neuf, débarrassé de ses trahison, de ses reniements, de ses cruautés…

Avec vous : et ce monde, ceux qui sont avec lui, le connaîtront malgré toutes leurs faiblesses, même quand ils abandonnent, même quand ils renient…

 

C’est pour cela que j’insiste tant sur le fait que nous sommes dans le cadre d’un repas raté. Un repas, c'est-à-dire le symbole, l’image universelle des relations humaines. Quand tout va mal, quand nos relations sont abîmées, quand on est fâché avec les autres et avec nous-mêmes, quand il ne semble plus y avoir de place pour aucun espoir, la promesse de Jésus retentit dans notre vie « Je boirai de nouveau avec vous dans le Royaume de mon Père ».

 

Mon frère, ma sœur, dans tes moments de pain dur, dans les moments où tu bois tes larmes, entend cette promesse de Jésus qui te dit « Même si tout est cassé, le vin nouveau de la fête t’attend, n’aie pas peur »…

Par Eric george - Publié dans : Prédications
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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 18:54

Prédication du dimanche 8 avril 2012

Dimanche de Pâques

Actes X, 34 à 43

I Corinthiens V, 6 à 8

Jean XX 1 à 18

 

Ce matin, frères et soeurs, nous n'entrerons pas au tombeau, nous ne suivrons pas Pierre et Jean dans leur course, dans leurs questions de préséance, d'investigation et de foi.

Ce matin, nous resterons dehors, avec les femmes, avec une femme en fait, Marie de Magdala, qui est doublement le premier témoin de la résurrection, première à découvrir le tombeau vide, première à voir le ressuscité.

Nous resterons avec elle parce qu'elle est dans  la nuit, parce qu'elle nous permet de dire "nous", parce qu'elle nous permet de dire "je".

 

C'est le matin, le commencement d'une nouvelle semaine, mais pour Marie, il fait encore sombre, c'est encore la nuit. Celles et ceux qui sont venus participer à notre aube pascale ont bien à l'esprit, cette "encore obscurité" du matin, de cette journée pas encore commencée. Mais nous savons aussi que dans l'évangile selon  Jean, cette obscurité n'est pas seulement une indication horaire. L'obscurité nous dit  le début de l'évangile selon Jean, c'est la situation de notre monde dans lequel rayonner cette lumière qui est parole. C'est pourquoi je pense que c'est bien dans nos ténèbres, dans notre obscurité que se tient Marie de Magdala.

Nos ténèbres, c'est à dire tout ce qui nous empêche de vivre vraiment la joie de Pâques, la nouveauté de ce jour. Sans doute, cela évoque d'abord nos tristesses. Notre nuit ce sont nos blessures personnelles, nos échecs, nos culpabilités, nos deuils et nos regrets, nos habitudes et nos routines peut être aussi, tout ce que nous percevons comme des prisons.

Notre nuit ce sont aussi des tragédies plus générales, toutes les injustices et les horreurs de notre monde, tout ce qui nous empêche d'y voir le règne de Dieu. Vous  savez, toutes ces très bonnes raisons de ne pas croire en un Dieu d'amour, toutes ces actualités qui viennent malmener notre foi.

Mais notre nuit peut aussi prendre un aspect plus faussement lumineux, nos ténèbres, ce sont aussi tous ces moments de joie dans lesquels nous nous oublions et nous nous perdons. Ces temps de joie où nous croyons nous suffire à nous même, ces temps de bien-être où nous ne voulons plus nous remettre en question. Nous croyons souvent que le malheur nous éloigne de la foi, mais le bonheur nous conduit aussi à l'oubli, à l'éblouissement et à l'aveuglement ; ainsi, il peut être aussi notre nuit.

Et dans cette nuit, Marie de Magdala nous montre une pierre roulée, comme une porte ouverte sur l'inconnu, comme un point d'interrogation.

 

En effet, face au tombeau vide, Marie de Magdala nous permet de prendre le temps de nous poser la question. On a enlevé le Seigneur et nous ne savons pas où on l'a mis ?

 Pierre enquête, il inspecte les lieux, prélève les indices, Jean croit, mais Marie, elle, s'interroge. Et elle nous englobe dans sa question. Avez vous remarqué qu'en allant trouver les disciples, Marie, qui est seule au tombeau dit "nous" ? "Nous ne savons pas où ils l'ont mis..."

Ce nous de Marie, c'est nous... Nous en tant qu'humains d'abord. Car tous comprennent bien qu'à la source du christianisme, il y a une question, il y a un mystère. Que fêtent vraiment les chrétiens aujourd’hui ? Comment ce non-événement de la disparition du corps d'un supplicié a-t-il pu ainsi changer le monde ?

Ce "nous" de Marie, c'est nous en tant que chrétiens également. Bien sûr, notre foi nous donne une réponse à la question "comment cet homme, ce Jésus de Nazareth, ce fétu de paille, a-t-il pu transformer le monde ?". Mais la passion du Christ, sa résurrection nous posent tellement de questions : pourquoi cette mort ? comment peut elle nous sauver ? Qu'est ce que la résurrection ? et la plus évidente "pourquoi le ressuscité ne se montre-t-il pas ?". "On a enlevé le Seigneur et nous ne savons pas où on l'a mis ?"

Cette interrogation, Marie ne la garde pas pour elle, elle va la partager avec les disciples. C'est aussi le sens du "nous" : il est plus facile de dire "nous ne savons pas" que de dire "je ne sais pas", l'aveu d'ignorance est plus facile quand il est collectif. Mais ce n'est pas une pique que je lance à notre fierté : dire "nous ne savons pas" c'est dire "cherchons ensembles". Le tombeau vide marque la limite de nos intelligences, de nos connaissances. Mais ce n'est pas pour que nous baissions les bras et renoncions à comprendre. Regardez d'attitude des disciples face à l'annonce de Marie : ils se mettent en route, ils cherchent et d'attitude de foi de Jean n'est pas opposée à l'enquête de Pierre : on peut croire et réfléchir en même temps. Et le faire à plusieurs est souvent plus fécond. Vous le savez bien, vous tous qui êtes venus ce matin, vous tous que le point d'interrogation du tombeau vide a rassemblés.

 

Mais, pendant que Pierre mène son enquête, Marie va reprendre la même question "On a enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où on l'a mis". La même question ? Pas si sûr. Les interlocuteurs, le passage à la première personne du singulier ("mon Seigneur", "je ne sais pas") indiquent bien que la question n'est plus sur le même registre.

Avec les disciples, on était dans le cadre de la recherche intellectuelle sur la résurrection, sur le plan historique ou théologique du "Qu'est ce que cela veut dire ?". Mais face aux anges, en réponse à leur question « Femme pourquoi pleures-tu ? » Marie témoigne d'un désarroi plus profond : "Je ne sais pas où est mon sauveur", je ne sais pas où est celui qui donne un sens à ma vie.

 Ce désarroi là, ni la recherche des disciples, ni l'enseignement du pasteur ne peuvent y répondre (tout au plus, peuvent-ils le mettre en évidence, lui donner sa place, c'est à dire la place centrale. Où est MON seigneur ? Où est celui qui donne son sens véritable à mon existence ? C'est la question essentielle de Pâques. Toutes les autres questions, aussi intéressantes soient elles sont inutiles si elles ne nous conduisent pas à cette question : qu’est ce que le tombeau vide signifie pour ma vie ? Quelle porte, la pierre roulée ouvre-t-elle ?)

Ce désarroi là, même les anges n'y répondent pas. Et c'est Jésus qui va y répondre lui-même. Il va d’abord l’interroger pour lui permettre de dire ce qu’est vraiment sa question. Il va reprendre la question des anges : « Pourquoi pleures tu ? » C'est-à-dire « Quelle est ta peine »  « quelle est ta souffrance ? » « Quel est ton fardeau ? » mais il a va aussi la préciser : « Que cherches tu ? » c'est-à-dire « Quel est ce manque dans ta vie ? » Par ces deux questions, il montre toute la profondeur de l’interrogation de Marie. Et cette interrogation, il va y répondre. Mais pas avec un grand exposé théologique, pas avec une leçon de catéchisme, pas même avec un sermon.  C’est simplement en la nommant qu'il va répondre à l'interrogation de Marie. En la nommant.

On pourrait traduire ainsi le dialogue entre Marie et le ressuscité :

- Où est mon Seigneur, où est le sens de ma vie ? Où est ce qu'on m'a enlevé, ce que j'ai perdu ?

-Je suis là, je suis vivant, je suis avec toi, je suis là pour toi.

 

Cette réponse va être pour Marie un bouleversement, un retournement et un envoi : "ça trouver mes frères et dis leurs…"

 

Frères et soeurs, que le tombeau vide soit l'occasion pour chacun de se poser les vraies, les bonnes questions. "Que cherches tu ? Pourquoi pleures tu ?" Quelle est cette détresse que je ressens dans ma vie ? Quel est ce vide que rien n’arrive à combler ? Et que ces questions nous permettent d'entendre celui qui nous appelle par notre nom. Celui qui nous dit "Je suis vivant. Je suis là. Pour toi."

 

Amen

Par Eric George - Publié dans : Prédications
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Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 16:52

Prédication du dimanche 1er avril 2012

Philippiens II , 6 à 11

II Rois IX 1 à 13

Marc XI, 1 à 11

 

On devrait toujours faire coïncider le culte des rameaux avec un culte des familles. C’est facile : on coupe des branches, on met des manteaux par terre, on fait rentrer un âne dans le temple, ça en fait un de plus (avec le pasteur, je veux dire)… C’est vrai que nous voyons toujours  le dimanche des rameaux, l’entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem comme une belle image pieuse. Mais que nous ne prêtons plus beaucoup attention au texte, lui-même. Par exemple, nous demandons nous pourquoi alors que sur les images, nous voyons la foule agitez des rameaux, des palmes devant Jésus, l’évangile selon Marc nous dit que les branchages sont posés sur sa route ? Eh bien c’est parce que les palmes agitées devant Jésus, c’est le récit de l’évangile selon Jean. Mais nous reviendrons aux branchages un peu plus tard… C’est une autre surprise du texte que je voudrais souligner ce matin. 

Si vous n’avez jamais lu l’évangile selon Marc d’une seule traite, je vous invite à le faire. Vous le prenez comme roman pour votre prochain long voyage en train, ou bien vous profitez d’un bel après midi de soleil pour le lire dans votre jardin, ou bien vous enfermez chien, conjoint, enfants, petits-enfants dans la cave, ou vous les envoyez au cinéma et vous vous installez confortablement pour 2 heures, 2 heures 30 de lecture, pas beaucoup plus. Ce n’est pas un poisson d’avril. En lisant ainsi l’évangile selon Marc, vous aurez l’impression d’un marathon : l’écriture est serrée, nerveuse, les événements s’enchaînent et se bousculent. Et voilà que nous sommes arrivé au terme du marathon, voilà que Jésus arrive à Jérusalem, sous les acclamations de la foule. Et voila que Jésus passe la périphérie de Jérusalem, il entre dans la ville, il se dirige vers son but : le Temple. Il regarde autour de lui, il va y prendre la parole, faire quelque chose d’extraordinaire. Ah non, il se fait tard et il rentre se coucher.

Avouons que c’est assez inattendu… Matthieu et Luc en racontant cet épisode n’ont pas placé d’interruption entre l’entrée dans Jérusalem et le récit de Jésus au temple. Et je ne crois pas que Marc coupe l’élan de son récit gratuitement. C’est bien à cause de cet arrêt que je crois important de comprendre ce que signifie cette entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem aux yeux de Marc.

 

« Ils se hâtèrent de prendre chacun son vêtement qu’ils mirent sous ses pieds en haut des marches. » « Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur la route ». Avec cette route jonchée de vêtements et de branchages, Marc nous montre que Jésus entre dans Jérusalem comme un nouveau Jehu. Or Jehu est un roi qui va purifier la ville. Si Jésus entre dans Jérusalem c’est bien pour purifier la ville, rétablir le culte véritable. Quoi de plus normal dès lors qu’il commence par se diriger vers le Temple ?

 Mais quand il arrive au temple, nous dit Marc, il se fait tard. C’est trop tard. Et je crois que c’est ce trop tard qui nous permet de véritablement comprendre le passage des rameaux à la passion, le retournement de la foule. C’est également ce trop tard qui nous permet de vivre aujourd’hui l’entrée à Jérusalem.

 

Les points communs sont nombreux entre nous et la foule de Jérusalem. D’abord, tout comme la foule, nous ressentons bien le besoin d’un renouveau, d’un assainissement de notre manière de vivre notre relation à Dieu, aux autres, à nous-mêmes. Et si nous sommes ici ce matin, c’est bien parce que nous sentons que Jésus est celui qui peut nous apporter ce changement, ce renouveau.

Ensuite, tout comme pour la foule, la venue de Jésus vers nous a été préparée, elle a été annoncée. Jésus envoie ses disciples chercher un ânon, ils le trouvent là où il l’a indiqué et il suffit d’un mot pour que les propriétaires de l’animal le laissent partir. On peut y voir un prodige. Mais je trouve l’explication rationnelle plus riche de signification : Jésus a préparé son entrée à Jérusalem. Il ne se contente pas de laisser l’intendance, les tâches pratiques à ses disciples. Non. Il prépare lui aussi les choses et associe ses disciples à ses préparatifs, il leur donne un rôle. Eh bien nous sommes à égalité avec les habitants de Jérusalem : nous aussi nous sommes prévenus de la venue de Jésus vers nous, prévenus par cette foule de témoins passés et présent que Dieu a placés pour nous. Nous ne cessons de le dire dans nos cultes, dans nos partages bibliques, dans nos confessions de foi et dans nos prières : « Le Seigneur vient » « Son règne arrive »

Mais, pour nous comme pour les habitants de Jérusalem, ce règne arrive bien tard, ce règne arrive trop tard. Nous nous sentons tellement enracinés dans nos renoncements, englués dans nos regrets, emprisonnés dans nos faiblesses. Nous éprouvons tellement de rancoeurs, tellement d’amertumes pour tout ce qui aurait pu être et qui n’a pas été. Comment Dieu pourrait-il régner sur nos vies, comment pourrait-il changer nos cœurs, alors qu’il vient si tard ?

 

Le jour des rameaux nous paraît comme une fête, et Marc nous le décrit comme le sommet d’une attente déçue. On attend ce qu’on peut attendre, on attend dans la limite de ce que nos yeux peuvent voir, de ce que nos intelligences peuvent appréhender, de ce que nos raisons peuvent envisager. L’attente est à hauteur humaine…

Eh bien le jour des rameaux est le jour où nous sommes appelés à renoncer à notre attente pour voir plus loin, pour voir plus grand. Le jour des rameaux est le jour où nous sommes appelés à basculer de l’attente du Messie à l’espérance de Pâques. Comme les habitants de Jérusalem, nous sommes déçus dans nos attentes. Sans doute attendaient-ils le messie qui allait chasser les romains comme Jéhu avait chassé Jezabel. Ils ne pouvaient pas espérer un monde dans lequel, il n’y aurait plus ni juif ni romain, ni homme ni femme, ni esclave ni homme libre. Cela dépassait de très loin le champ de leurs possibles… Et nous qui attendons un dieu qui vient empêcher nos proches de mourir, qui vient nous faire triompher de nos ennemis, quelle espérance viendra ouvrir le champ de nos possibles ?

En effet, si l’attente est simplement un prolongement de notre vue, l’espérance est elle un élargissement de notre vue. L’espérance c’est refuser que notre monde, nos possibilités soient limités à nos passés et à nos constats. Et contrairement à l’attente, l’espérance n’est pas une passivité. Les possibilités que nous espérons, nous sommes appelés à les vivre dès maintenant, possible de pardon, possible de relèvement, possible d’amour, possible de liberté.

 

Frères et sœurs, que nos attentes déçues nous ouvrent sur une nouvelle relation à Dieu, que nos attentes déçues nous rendent disponibles pour une espérance inespérée, que nos attentes déçues nous permettent de vivre aujourd’hui la résurrection.

 

Amen

Par Eric George - Publié dans : Prédications
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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 16:49

 

-          La France forte

-          Un pays uni, rien ne lui résiste

-          Le changement c'est maintenant

-          Prenez le pouvoir !

 

Ce sont des phrases qui ont été étudiées, travaillées par les meilleurs spécialistes en communication, des slogans qui ont pour but de nous remplir d'assurance et de confiance, de nous rassembler derrière le leader qui nous sortira de la crise, qui améliorera nos vies.

Pourtant, je ne suis pas sûr que nous parvenions encore à prendre ces slogans au sérieux. En ce temps de crise mondiale, percevons-nous vraiment notre pays comme un pays fort qui bravera les tempêtes ? Avons-nous un profond sentiment d'unité? Croyons-nous vraiment que le président élu, quelle que soit sa couleur politique, aura le pouvoir de changer les choses ?

Je ne pense pas être le seul à ne pas en être convaincu...

 

Par respect pour notre république et surtout pour toutes celles et ceux qui, à travers le monde, n'ont pas le privilège de pouvoir faire entendre leur voix, parce que l'abstentionnisme cynique me paraît une posture trop facile, je voterai en Avril et en Mai. Mais j'aimerais une campagne présidentielle qui ressemble moins à une mascarade, j'aimerais moins de petites phrases et plus de débats, moins de démagogie et plus de réalisme, moins de promesses et plus d'espoir vrai.

 

Et alors que le monde politique me désespère, un autre slogan vient résonner à mes oreilles, un slogan ancien et qui vient de loin.

« Lance des acclamations, Jérusalem la belle ! Il est là, ton roi, il vient à toi, il est humble et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. »  Zacharie 9, 9

 

C'est un slogan qui désespèrerait n'importe quel conseiller en communication : le temps n'est pas aux ânons, à l'humilité ! À l'heure de la crise, il faut de la force et des réponses !

Et pourtant, seul ce roi monté sur un ânon a su faire naître une espérance encore vivante aujourd'hui. Seul ce roi méconnu et méprisé par les siens a su nous rejoindre dans chaque aspect de notre vie. Seul ce roi crucifié a su rouler la pierre de tous nos tombeaux, de toutes nos captivités pour nous ouvrir à une vie nouvelle, un vrai changement, une vraie unité, une vraie force.

Lui, il est juste et victorieux !

                                   Eric George

Par Eric George - Publié dans : Editoriaux
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Agenda

 

Vendredi 1er et samedi 2 juin

Salle paroissiale

Réunion du Conseil Régional

de l’Eglise réformée (Nord-Normandie)

 

Vendredi 1er juin 20 h 30

au temple

Concert « Orgue en fête »

Soprano & orgue

autour du baroque italien

 

Samedi 2 juin 16 h. 

Square Georges Brassens Evreux

Cercle de silence

 

Dimanche 3 juin 10 h 30

au temple.

Culte

 

Mercredi 6 juin 20 h 30.

Salle paroissiale

Partage biblique : « Les prophètes ».

 

Dimanche 10 juin 10 h 30

Culte à Evreux et à Vernon

 

Vendredi 15 juin

18 h

Rencontre au monastère

Ste Françoise romaine au Bec Hellouin

19 h

dîner

(prière de s’inscrire: lilianeleclerc@orange.fr)

20h

partage biblique : « psaumes »

 

Dimanche 17 juin 10 h 30

au temple.

Culte toutes générations.

Sortie du catéchisme et randonnée.

 

Mardi 19 juin 20h  

à Vernon

Groupe œcuménique.

 

Jeudi 19 juin 14 h

à Fumeçon.

Partage biblique : « les prophètes »

 

Vendredi 22 juin 20 h.

salle paroissiale

Conseil presbytéral

 

Samedi 23 juin 15 h

à Verneuil, Chapelle de l’hôpital.

Culte.

 

Dimanche 24 juin 10 h 30

au temple

Culte.

 

 

Dimanche 1er juillet 10 h 30 

au temple

Culte

 

Samedi 7 juillet 16 h.

Square Georges Brassens Evreux

Cercle de silence

 

Les dimanches 8, 15, 22,

29 juillet 10 h 30

au temple

Culte

 

Pas de culte à Vernon en juillet et août

 

 

Samedi  4  août 16 h

Square Georges Brassens. Evreux.

Cercle de silence

 

Les dimanches 7, 12, 19,

26 août 10 h 30

au temple

Culte

 

Samedi 1er septembre  16 h.

Square Georges Brassens. Evreux

Cercle de silence

 

Dimanche 16 septembre 

dimanche catéchétique.

 

Dimanche 23 septembre 10 h 30

au temple

culte de rentrée et journée d’église.

L’après-midi : deuxième réflexion 

autour du livre d Antoine Nouis.

La Cène.

 

 

 



 

 
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